« On est contre tous les ingérences »
L’embarras était également palpable du côté du député de la Somme Jean-Philippe Tanguy, invité pour sa part dans la matinale de RTL. « Si vous voulez il a le droit de s’exprimer, nous, on est contre toutes les ingérences », a-t-il assuré, à l’unisson de ses collègues. Car, au-delà de ces quelques mots sur les réseaux sociaux, c’est bien le spectre d’une influence venue de l’étranger qui se réactive, à moins de dix mois de la présidentielle.
« C’est un peu choquant de voir des gens de l’extérieur nous dire ce qu’il faut voter », a par exemple déploré le député Les Républicains Philippe Juvin, dans la foulée du message publié par Elon Musk. « La dernière fois ça s’est joué à 400 000 voix entre le premier et le second tour alors c’est un problème ! », a également fustigé Antoine Léaument, depuis les couloirs de l’Assemblée nationale, appelant, par ailleurs, l’autorité publique indépendante garante de la liberté de communication (Arcom) à se saisir de ce dossier.
De fait, le tout-puissant patron de X dispose d’une influence décuplée par ses algorithmes. Une arme dont il a pris l’habitude de se servir pour diffuser ses opinions, comme quand il dénonçait l’an dernier la « persécution » visant la patronne du Rassemblement national, rendue inéligible après son premier jugement et qu’il avait malgré tout « encourag(ée) à se présenter » à l’Élysée.
Avant la France, Elon Musk s’était illustré par son intervention en faveur de l’AfD, le parti d’extrême droite allemand, qu’il qualifiait déjà de « meilleur espoir pour l’Allemagne » juste avant les dernières législatives. Il avait même participé à un meeting avec sa cheffe de file Alice Weidel. Un soutien qui s’était finalement avéré contre-productif, puisqu’il a contribué à galvaniser les opposants à l’extrême droite. L’AFD avait perdu les élections.