Le corps sans vie de Joris Laurencin, 21 ans, a été découvert ce lundi 13 juillet près de son domicile à Châtonnay, dans le Nord-Isère. Il se serait suicidé après avoir subi des insultes racistes pendant de longs mois. C’est… 👉

Aujourd’hui, notre famille est brisée“. Depuis plusieurs jours, une affiche rouge écarlate est partagée en masse sur les réseaux sociaux par de nombreux habitants du Nord-Isère. “Nous avons perdu un fils, un petit-fils, un neveu, un cousin de seulement 21 ans“, écrivent les proches sous la photo du jeune homme au sourire timide.

Avec cette publication placardée sur les comptes Facebook et Instagram, la famille de Joris cherche des témoins ayant participé à la vogue de Saint-Jean-de-Bournay le 30 juin dernier. Ils espèrent ainsi “faire la lumière” sur l’acte désespéré du jeune homme, qui s’est tiré une balle dans la tête deux semaines après avoir participé à la fête du village.

Des insultes racistes à l’origine du drame ?

“Joris se plaignait depuis longtemps d’être victime d’insultes racistes, raconte son oncle, qui souhaite garder l’anonymat. On le traitait de sale bougnoule, de sale arabe. Il commençait même à être complexé, et disait à son père qu’il regrettait sa peau mate. Il tenait sa couleur de peau de sa mère, qui est ma sœur. Nous sommes des Français d’origine algérienne“, ajoute-t-il.

Le jeune homme, cariste dans la même entreprise de son père, vivait à Châtonnay, un petit village à 30 kilomètres de Vienne. “Il était très sérieux, très gentil, il économisait pour s’acheter une maison, c’était son rêve“, poursuit son oncle.

Mais cette vie paisible aurait basculé l’année de ses 18 ans, lors de la fête des conscrits, une tradition du Nord-Isère réunissant tous les jeunes du même âge. “Joris n’avait pas beaucoup de copains, alors il a participé à cette fête et il a retrouvé des anciens camarades du collège, des sportifs, les beaux gosses du coin”, relate l’oncle. “Et c’est devenu leur bouffon de service“.

Petit à petit, les blagues potaches se seraient transformées en rebuffades, puis en humiliations. “Ils lui ont offert un t-shirt avec écrit ‘DZ Pagu’ dans le dos, ça veut dire ‘l’Algérien campagnard. Joris en a été très affecté, il a commencé à perdre confiance en lui. Il se sentait rejeté“, déplore-t-il.